Hypertension artérielle pulmonaire Québec
Le jeudi 19 juin 2008
Un traitement à base de cellules souches pour l'hypertension pulmonaire
L'Hôpital général juif de Montréal
Photo Archives La Presse
Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal
L'Hôpital général juif de Montréal vient de réussir un traitement expérimental contre l'hypertension pulmonaire à base de cellules souches.
Deux patients du Québec ont ainsi été traités pour cette maladie rare, qui cause un rétrécissement des petites artères sanguines dans les poumons.
Des médicaments, souvent injectés par une pompe, existent présentement comme traitement pour ces gens atteints d'hypertension pulmonaire, mais ils n'apportent pas la guérison, a expliqué jeudi le docteur David Langleben, investigateur principal et chef de la division de cardiologie à l'Hôpital général juif, au cours d'une rencontre avec la presse pour présenter ce traitement prometteur.
Le traitement consiste essentiellement à prélever des cellules souches du patient, à les modifier génétiquement avec de l'ADN synthétique, en laboratoire, afin de produire de l'acide nitrique. Cela donne une molécule qui peut aider à régénérer les vaisseaux sanguins endommagés. Les cellules ainsi modifiées en laboratoire sont ensuite réinjectées au patient.
Pour expliquer la façon dont le traitement agit sur l'organisme, le docteur Langleben fait une analogie avec une pelouse envahie par les mauvaises herbes. «Les petites artères se ferment. D'habitude, elles sont bouchées par une prolifération anormale des cellules des parois. C'est comme des mauvaises herbes sur un gazon. Il y a plusieurs théories pour expliquer comment le traitement va aider. C'est possible qu'il représente de nouvelles semences (de gazon). Mais nous pensons plutôt que le fait que les cellules soient modifiées de façon génétique aide à stabiliser la fonction des cellules dans les parois des vaisseaux et peut-être ralentir la prolifération des mauvaises herbes. Mais on n'est pas certain. On ne sait pas. C'est tout théorique.»
Jusqu'ici, deux patients ont ainsi été traités à Toronto et deux à Montréal. «Un de ces patients a reçu la plus grande dose jamais administrée à un patient en Amérique du Nord. C'est une première pour nous, ici à Montréal, au Québec, au Canada en plus», a indiqué le docteur Jacques Galipeau, hématologue et chercheur spécialisé dans les cellules souches dans cet hôpital.
L'hypertension pulmonaire est une maladie qui affecte environ 1500 personnes au Québec.
L'équipe de recherche prévoit éventuellement utiliser un traitement similaire à base de cellules souches pour traiter des patients ayant eu des crises cardiaques.